Nous n’avons pas créé ce blog pour relayer la parole d’un quelconque syndicat.

Nous sommes simplement des salariés de France 3 Normandie, désireux de vous informer de ce qui se passe concrètement dans vos télévisions régionales.

L'évolution des métiers


L'évolution des métiers, oui, mais pas n'importe comment.

Aujourd'hui, à France 3 plus qu'ailleurs peut être, les rôles des employés de l'entreprise sont clairement définis. Face émergée de l'Iceberg pour le téléspectateur, il y a le présentateur, l'animateur du journal et du direct. En régie, il est accompagné de techniciens, qui chacun à leur place gèrent le son, la mise en image. Il y a des rédacteurs en chef et des scripts qui veillent au bon déroulement de l'ensemble. Avant, plus tôt dans la journée, il y a eu des journalistes qui sont allés sur le terrain pour rencontrer des gens et comprendre des situations, poser des problématiques. Dans le jargon, on appelle cela des sujets. Dans l'équipe, l'un fait l'image, l'autre pose les questions. Parfois, un homme armé d'une grande perche saisit le son, chose bien utile lorsque l'on travaille dans l'urgence. Avant de passer à l'antenne, chaque sujet est monté par un monteur. C'est lui qui agence les images et les sons pour donner de la cohérence à l'ensemble. Le reportage passe ensuite au mixage.
Tous ces gens forment une chaîne qui permet de diffuser à l'antenne et au quotidien les journaux régionaux, mais aussi des décrochages spéciaux et quelques magazines.  
Ce travail est le fruit de plusieurs dizaines d'années d'évolution. En 25 ans, la télévision publique a connu 5 révolution technologiques, du tournage film au numérique. De tout temps, les personnels ont évolué, dans le bon sens, de préférence. On cherchait à faire mieux, plus beau, plus intéressant. 
Tout allait pour le mieux (ou presque) dans le meilleur des mondes jusqu'à l'irruption d'internet. La toile aurait pu être une chance, l'occasion d'inventer un nouveau média, la télé en mieux, en plus interactif. Mais le net semble être devenu une sorte d'instance de dérégulation, l'occasion de faire évoluer l'entreprise à marche forcée..

Il faut y aller, pouvait on entendre ici et là il y a déjà plusieurs mois, voir plusieurs années.
Y aller oui, mais pourquoi, et comment ?
Le pourquoi n'a semble t il pas trouvé de réponse.
Mais le comment lui a trouvé des prestataires. Nos lascars se sont dit, en regardant la toile, qu'après tout, le consommateur du net n'était pas très exigeant, que des vidéos un peu floues trouvaient un public. Nos vidéos à nous étant nettes, on ne pourrait que faire mieux. Au départ, on nous a proposé de mettre en ligne des ruches (séquences non utilisées lors du montage de sujets): Un  bout d'ITV par ci, un extrait de concert par là.
Quelques mois ont passé. Les directions nationales et régionales ont décidé de faire mieux, plus. C'eut été une bonne nouvelle si France Télévision avait eu les moyens de ses ambitions.
Le nerf de la guerre, l'argent, est devenu le nerf qui fait mal, la sciatique du service public. Faire mieux avec pas plus, ça peut passer quand on a un peu de marge. Mais dans beaucoup de régions, il n'y a pas de marge. 
C'est alors que les dirigeants de France Télévision ont eu une idée fabuleuse: Il fallait faire évoluer les métiers. Des rumeurs se sont mises à courir dans tous les couloirs. Et les premières négociations autour de la future convention collective des personnels de France Télévision paraissent aller dans ce sens :
Les caméramans (En télé, on dit Journaliste Reporter d'Image ou JRI) devraient peut être se mettre au montage. Les monteurs à la caméra. Les rédacteurs (ceux qui cause dans le poste mais que vous ne voyez pas) à la caméra. Les preneurs de son chargés du mixage pourraient peut être se mettre au montage. Les monteurs apprendre le son en plus de la caméra , etc…   
 STOP. Vous aussi, vous avez la tête qui tourne ?

Le but de tout cela, c'est de faire que tous les éléments de l'entreprise soient interchangeables. Il n'y a plus de place dans laquelle un employé va pouvoir cultiver un talent particulier pour le service de tous.  Il n'y a que des rôles qui pourront varier au cours d'une même journée, et parfois même se cumuler : Pourquoi un journaliste ne pourrait il pas partir tout seul avec une caméra et un micro, poser les questions, faire son montage seul, mixer ses sons tout seul.  
Mais le problème, c'est le questionnement déjà posé plus haut:
Y aller oui, mais pourquoi, et comment ?
Notre pourquoi, c'est aussi pour quoi faire… Une simple diffusion des programmes du hertzien ou une véritable alternative audiovisuelle voir  MULTMEDIA à tout ce qui peut exister des deux cotés, du coté du poste de grand papa et du coté du net de son petit fils speedé ?
Notre comment est évidemment lié à notre pourquoi. Notre comment, c'est la technologie que nous allons employer pour s'y installer, et les forces que nous allons y mettre. 
Finalement France Télévision semble de plus en plus ressembler à la fine fleur de l'industrie française:
On ne sait pas ce qu'on fabrique, ni pourquoi on le fabrique. Mais on le fabrique, et le moins cher possible. 
Alors forcement, au milieu de tout ce brouhaha, essayez donc de parler du travail du journaliste, des enquêtes à mener, de la vérification et du recoupage des informations recueillies. Bref de conscience, d'équité, d'objectivité, d'utilité citoyenne !